L’agenda prodigieux : une liberté égalitaire

La réglure dans le monde

En France, lorsque l’on parle de réglure, on parle du quadrillage Seyes, à grands carreaux. (Jean-Alexandre Seyès inventeur à la fin du 19e)

Celui sur lequel on apprend à écrire à l’école de l’éducation nationale. Ce sont des cahiers spécialement conçus pour l’écriture cursive, standardisée et égalitaire. Peu de liberté est donnée à celui qui écrit sur ces feuilles. Je me souviens de mon apprentissage de l’écriture et que la tenue d’un cahier était faite d’interdits, de ligne à ne pas franchir.

image 2

La hauteur maximale des lettres à hampe est de trois lignes soit précisément 6 millimètres. Quant aux lettres à jambage qui se risquent sous la ligne principale, c’est deux lignes, soit 4 mm. Le tout s’organisant par carrés égaux (quadrillage) de 8 mm de côté. Égaux, oui, mais sauf la marge, dont la taille est imprécise et est placée à gauche.

Si l’on quitte l’hexagone, et bientôt l’Union européenne, pour franchir le Channel, le quadrillage Seyes y est inconnu.

L’écriture au Royaume-Uni est en script et le quadrillage n’est pas un quadrillage, mais une réglure et consiste en des lignes séparées de 6,2 mm soit 0.02 foot. Il n’y a pas forcément de marge.

image 3

En Russie, le papier est ligné à 0,7 mm, et la marge est à gauche ou à droite.

image 4

En Chine, les enfants apprennent à écrire dans des tableaux tracés sur les pages, puis les tableaux disparaissent pour avoir uniquement des pages blanches. Apparemment, il est plus simple de garder une linéarité verticale qu’horizontale.

image 5

Le bullet, la liberté et l’égalité

Le bullet journal vecteur de liberté

Lorsque je présente mon activité de concepteur de solution en papier on me parle souvent de la fin du papier au profit du numérique. Mais mon chiffre d’affaires croît en permanence et je pense que le facteur premier de cette croissance c’est la liberté qu’apporte le papier à l’utilisateur. Alors que les outils numériques impliquent le contrôle accru et facilité par et pour le supérieur hiérarchique ou l’État, le papier est un îlot de liberté (relative). Car pour que le chef contrôle le travail effectué il faut qu’il soit présent physiquement devant le cahier.

image 7

Il est interdit d’interdire

Si le bullet journal (le concept du papier pointillé) m’a attiré, c’est par la liberté qu’il donne à l’utilisateur de ne pas avoir de lignes qui viennent lui interdire le passage.

Au contraire d’une page toute blanche, qui est le symbole de la liberté toute puissante, mais aussi du vide, sidéral, le papier pointillé supprime la ligne à ne pas franchir et brise la linéarité horizontale toute puissante. Les pointillés donnent des repères discrets, encadrent la liberté légèrement, pour mieux laisser l’utilisateur s’épanouir et jouir de sa liberté.

ligne 5

Le pointillé permet à l’utilisateur de tracer de manière rectiligne, mais aussi circulaire. La linéarité peut être verticale ou horizontale. Enfin, l’espacement des pointillés à 0.5 cm permet également de rester précis et de dessiner à l’échelle.

La liberté, l’égalité où placer le curseur

La liberté avec ce soupçon d’encadrement qu’apporte le bullet journal permet à Nathalie et à d’autres gens très créatifs, une grande inventivité.

Mais la liberté s’apprécie particulièrement lorsqu’on dispose de capacités (à dessiner, à s’organiser, à écrire) et de temps pour en jouir.

 

Et cela peut être finalement un handicap pour des personnes (comme moi) qui ont le sentiment d’avoir moins de ces capacités créatives. J’ai bien essayé de tenir un bullet journal pour organiser mon temps, mais très vite je me suis lassé par exemple d’écrire la date pour chaque jour, de tracer sans cesse et avec application et règles, les mêmes outils et je suis revenu vers mon agenda papier habituel.

Un bullet journal, plus égalitaire

Poussé par cet échec, j’ai réfléchi à la possibilité de mitiger la liberté avec un brin d’égalité, d’encadrement. Principalement pour créer un outil qui me convienne, et qui puisse convenir au plus grand nombre.

C’est ainsi qu’est née l’idée de l’agenda Prodigieux…

L’agenda prodigieux est divisé en année, en mois et en semaine. Ce qui m’évite de les répéter à chaque fois. Mais il ajoute à cet aspect traditionnel, l’espace créatif du bullet.

image 11

Chaque section offre donc des espaces à la fois encadrés et libres.

À la manière d’un bullet journal, il commence par un index où l’utilisateur peut inscrire au fur et à mesure les événements d’une importance annuelle en y indiquant les références des pages où il sera développé.

Il est également possible de se fixer des objectifs à atteindre dans une vision rapide globale et annuelle.

Les mois commencent par une double page récapitulative avec un index mensuel et une to do list.

Le mois est ensuite présenté par semaine avec sur la page paire (gauche) l’organisation égalitaire de la semaine. Cet espace ne requiert aucune capacité particulière.

La page impaire (de droite) est la page « bullet journal » de l’agenda prodigieux ou la liberté pointillée est proposée à l’utilisateur.

En fin de mois deux pages en pointillés sont réservées à la liberté.

 

Cet article est extrait d’une intervention de la petite fabrique lors du festival les carnets  à la Roque d’Antheron en juillet 2017

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *